Le maître-mot des lectures de dimanche dernier était : « Veillez ». Le maître-mot de ce 2° dimanche
de l’Avent pourrait être : « Préparez-vous », préparez, à travers le désert, le chemin du Seigneur.
Le fait que l’évangéliste Marc commence son évangile par cet appel lancé, près de 600 ans avant,
par Isaïe, n’est pas sans signification. Dans la bouche d’Isaïe, il s’agissait d’annoncer la fin de l’exil à Babylone et la possibilité de retourner à Jérusalem. Dans la bouche de Marc, il s’agit
aussi de quitter un exil mais un exil intérieur, celui du péché, et de se tourner résolument vers la Jérusalem nouvelle, non plus une patrie géographique mais une patrie spirituelle, ce Royaume
de Dieu que va inaugurer Jésus.
Cet Évangile nous annonce donc une bonne nouvelle. Aujourd’hui, nous
n’en avons que le commencement. Nous avons un peu perdu l’habitude d’entendre parler de bonnes nouvelles. Chaque jour, nous n’en recevons que des mauvaises. Les médias ne cessent de nous parler
de la crise, des licenciements, des violences de toutes sortes. Et quand nous échangeons entre nous, les conversations tournent autour de telle personne qui est entrée à l’hôpital ou qui est
décédée. N’y aurait-il pas de la place pour les bonnes nouvelles ?
Justement si, l’évangile de Marc vient nous en faire part. Il s’agit de
la bonne nouvelle de l’amour de Dieu. Elle nous annonce le Salut que Jésus nous apporte. Cette bonne nouvelle a commencé quand Jésus est né. Elle se poursuit aujourd’hui. Elle ne cessera d’être
proclamée tous les jours et jusqu’à la fin des temps. Le Concile Vatican II nous l’a rappelé : « C’est le Christ qui nous parle tandis qu’on lit dans l’Église les Saintes Écritures. »
(Constitution sur la liturgie). Il est présent au milieu des fidèles réunis en son nom pour leur faire entendre cette bonne nouvelle.
C’est un peu ce même message que nous lisons dans la première lecture.
Il s’adresse à un peuple exilé à Babylone. Le prophète Isaïe s’efforce de le consoler. Il lui rappelle ce qui s’est passé autrefois quand les hébreux étaient esclaves en Égypte. Dieu a appelé
Moïse pour arracher son peuple à cet esclavage. Pendant 40 ans, ils ont erré dans le désert avant d’entrer dans la terre promise. Cette fois, il n’y a plus besoin d’un Moïse. Dieu prendra
lui-même la tête du son troupeau. Avec un tel berger, l’entrée à Jérusalem sera triomphale. C’est donc un appel à l’espérance que nous entendons dans ce texte de la Bible.
Et l’espérance qui jaillit de la Parole de Dieu, je peux en témoigner.
La célébration des obsèques que je suis amené à faire dans cette église est toujours pour moi l’occasion de rendre grâce au Seigneur de sa tendresse et de sa miséricorde. Le choix des textes de
la célébration et les partages qui en résultent sont à chaque fois des moments de réconfort pour les personnes accablées de peine par la perte d’un être cher. Le Christ nous parle au cœur. C’est
lui qui fait sans cesse le premier pas vers nous et qui prend l’initiative de venir à notre rencontre. Il vient nous révéler notre dignité et nous redonner courage.
Voilà cette bonne nouvelle qui ne cesse d’être proclamée. Mais beaucoup
ne l’entendent plus. Et nous-mêmes, nous risquons fort d’être encombrés par toutes sortes de bruits de la télévision, de la radio ou des musiques d’ambiance. Beaucoup ne peuvent pas supporter le
silence. Et pourtant, c’est là que le Seigneur nous parle. L’Avent est là pour nous rappeler que le Seigneur vient à notre rencontre. Il nous rejoint au cœur de nos vies, de nos joies et de nos
épreuves pour nous annoncer une bonne nouvelle. Malheureusement, nous sommes trop souvent ailleurs. Nous sommes alors incapables d’accueillir le Seigneur qui a quelque chose d’important à nous
dire.
L’Évangile de Marc nous montre un chemin de conversion. Il nous invite
à regarder le témoignage de Jean Baptiste quand il proclame la venue du Messie. Il ne va pas à Jérusalem au milieu de la foule et du bruit. Bien au contraire, il va au désert ; il est « en tenue
de désert » ; il se nourrit de ce que le désert veut bien lui donner, des sauterelles et de miel sauvage. Comme lui, nous sommes tous appelés au désert. Non, il ne s’agit pas de partir au Sahara,
(même si certains peuvent choisir cette solution). L’important c’est de se réserver des moments loin du bruit et de nous mettre dans un état qui favorise la réceptivité du cœur. Dieu vient à
notre rencontre. Il frappe à notre porte et il attend de nous une réponse libre et aimante.
Constance va maintenant être baptisée. Elle va devenir enfant de Dieu
qui va lui murmurer à l’oreille : « Constance, tu es précieuse à mes yeux, si précieuse que ton nom est gravé sur la paume de mes mains. » Dieu grave le nom de tous ses
enfants dans la paume de ses mains et on ne peux pas oublier ce qu’on a sur les mains. Dieu te dit Constance qu’il ne t’oubliera jamais. C’est le
sens merveilleux et caché du baptême Constance est précieuse pour Dieu, elle fait sa joie, elle est son enfant. C’est ce que vous avez voulu vous parents parrain et marraine en amenant Constance
dans la maison de Dieu et en demandant pour elle le Baptême. Aidez-la à grandir en fille de Dieu.
Et pour nous que ce baptême de Constance, signe merveilleux de l’amour
de Dieu nous aide à garder l’espérance. Nous rencontrerons sûrement des personnes écrasées par le poids des difficultés de toutes sortes. A travers le temps passé au service de ces frères autres,
nous contribuerons à rendre le monde plus humain, en n’oubliant jamais que c’est le Christ qui nourrit notre espérance en nous donnant son Esprit de force et de persévérance. Il y a tant de
montagnes à abaisser et de passages tortueux à rendre droits !
Aujourd’hui, Seigneur, toi dont la tendresse est infinie, donne-nous
d’être les témoins de ton amour auprès de tous ceux et celles que tu mets sur notre route.
Amen.
francis roy, diacre