Sermon pour le 1° Dimanche de l'Avent.
L'Avent est un chemin qui nous conduit à Noël. Il était tout à fait passionnant de préparer en équipe de liturgies notre cheminement et d'en parler ensemble. Je vais commencer par cela, et je continuerai par les textes bibliques d'aujourd'hui : parce qu'ils sont le support de cet esprit. Avec la messe de ce soir/d'aujourd'hui nous sommes sur la ligne de départ de notre route, mais c'est évident qu'il nous faut savoir où nous allons. Qu'est-ce que c'est, Noël ?
Déjà, simplement, d'abord parlé ensemble nous a dit quelque chose de Noël.
À Noël, on reçoit : on reçoit des cadeaux, on reçoit du monde. L'Avent, c'est se préparer à recevoir et à donner. Dans l'équipe, nous avons cherché ça.
Le premier cadeau de Noël, c'est de parler ensemble.
Et autrement, qu'est-ce que c'est ?
On va vers une naissance, vers un petit bonhomme qui vient au monde. On va vers du vivant, qui bouge, qui crie ou qui dort... Du vivant fragile et terriblement dépendant de vous, mais qui a vite fait de comprendre comment obtenir de vous ce qu'il veut. Les quatre semaines de l'Avent vont nous permettre d'apprendre le dialogue au lieu de garder la tête dure. On y apprendra à décoder ce que nous dit quelqu'un qu'on va aimer, et à lui obéir . Obéir, oui... Et en latin, obéir signifie aller au-devant de quelqu'un, rencontrer sa volonté... Mais on apprendra aussi que sans nous, il ne peut rien, et cette responsabilité est rudement impressionnante.
Il va nous façonner. Lui, a le droit de crier et de pleurer ; vous, vous n'avez pas le droit de faire de bruit. Juste, de le calmer et vous, de rester calme.
Il n'y a plus que quatre semaines pour apprendre cela... Pour certains d'entre nous, le travail sera dur...
À Noël, c'est quelqu'un de fragile qui vient au monde. Or, le monde n'aime pas ce qui est fragile. Il fait des concours de muscles, de gros bras, de superpuissance, cela se voit à tous les coins de rue, dans tous les journaux, dans le monde entier et dans chacun de nos rêves. Les quatre semaines de l'Avent vont nous apprendre la non-violence.
À agir sans violence, à parler sans violence. Sans lever le geste, ni la voix.
Découvrir d'autres valeurs, découvrir que notre seule valeur est la fragilité. Que la main ouverte a plus de valeur que le poing fermé. Et que cela vaut aussi pour les relations entre les pays, entre les continents ; entre les religions, entre les opinions.
L'Avent, ce sont quatre petites semaines pour apprendre à ne plus défendre nos valeurs, nos certitudes, nos opinions -- à ne plus nous défendre, à ne plus acheter d'armes... À ne plus vouloir avoir raison.
Juste, éventuellement, aussi, à apprendre à dire "excuse-moi, s'il te plaît...". Que ce soit entre les individus ou que ce soit entre les groupes.
On va vers une naissance, -- je me demande s'il n'y aurait pas justement plein de naissances qui ne se sont pas produites en nous et autour de nous. Plein de choses que nous n'avons pas laissé développer ou que l'esprit du monde n'a pas laissé développer. Au lieu de regretter... Je ne sais pas, moi... Jouer du piano, lire, apprendre l'italien ou le chinois... Pourquoi ne pas nous y mettre, à Noël ? Et même, lire la Bible, apprendre l'hébreu ?
Noël, c'est Dieu qui croit que nous pouvons, individuellement ou collectivement, nous développer. Une petite lumière qui deviendra grande. Noël, c'est grandir, toi et moi, et nous dans un certain esprit. Dans un Esprit certain.
Alors, quand Jésus dit : « Veillez ! Ne vous endormez pas ! » Il me fait penser à l'état d'esprit d'un jeune père qui attend la naissance de son enfant. L'inquiétude, l'incapacité à penser à autre chose, l'impuissance de celui qui ne peut rien faire, sinon être présent -- et c'est tellement important d'être présent, là, pour accompagner, pour réconforter... Et l'émerveillement de ce bébé tout neuf...
Quatre semaines dans ce temps de l'Avent pour nous émerveiller de Dieu-le-Père qui nous accompagne, qui nous réconforte, qui réconforte et tonifie les humains. Qui désenglue de la volonté de puissance, de domination...
Un Dieu qui nous rend malléables et souples -- c'était le premier texte, Isaïe, avec l'argile et le potier. On pourrait dire que Dieu pratique la vertu d'espérance...
Un Dieu qui donne d'être solides et vigoureux -- c'est le psaume, avec l'image de la vigne. La foi que Dieu a pour nous...
Un Dieu qui donne tout, en donnant son fils Jésus au monde -- c'est la lettre de saint Paul. La charité totale de Dieu...
D’un Dieu très humble …
Croyez-vous/croyons-nous/que Dieu est ce vivant ?
Alors, je vous le dis : veillez et priez, vous les bons serviteurs à qui le Seigneur a confié le soin de sa grande maison, pour que la maison soit belle pour le Petit. Réjouissons-nous avec lui.
PAROISSE SAINT-JOSEPH de DIJON



